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Blog · Mai 2026

Le CMS est mort

Temps de lecture : 4 min

Permettez-nous d'être directs : personne n'a fait un enterrement. Pas de faire-part, pas d'hommage, pas de minute de silence dans les open spaces d'agences web. Et pourtant.

Entre février 2025 et juillet 2025, WordPress a perdu 19 % de ses domaines actifs. 5,8 millions de domaines actifs en février. 4,67 millions en juillet. Cinq mois. Première contraction soutenue en vingt ans d'existence. Ce n'est pas une tendance. C'est une rupture.

Le règne de WordPress

Il faut rendre à WordPress ce qui lui appartient.

Pendant deux décennies, il a démocratisé la présence en ligne. N'importe quel artisan, n'importe quelle association, n'importe quelle PME pouvait avoir un site sans savoir coder. Sa part de marché a doublé en dix ans — de 21 % en 2014 à 43,6 % en 2025. À son pic, 60 % des sites utilisant un CMS connu tournaient sous WordPress — plus que tous les autres réunis.

C'était le choix par défaut. Le choix raisonnable. Le choix que personne ne remettait en question.

Ce temps est révolu.

La mort n'est pas venue d'où on l'attendait

On a longtemps prédit la fin de WordPress par Wix. Par Squarespace. Par les constructeurs no-code. Wix est passé de 0,1 % en 2014 à 4,2 % aujourd'hui. Squarespace a suivi une trajectoire similaire à 2,5 %. De la croissance, oui. Mais pas de quoi tuer un géant.

Le vrai meurtrier, c'est l'IA.

La part de marché de WordPress n'a pas été prise par Wix ou Squarespace — elle a été absorbée par des sites construits avec de l'IA, sans aucun CMS. Des sites générés en heures, pas en semaines. Des sites adaptés à un besoin précis, pas à une structure préfabriquée. Des sites qui n'ont aucun plugin à mettre à jour, aucun thème à maintenir, aucun tableau de bord à apprendre.

La fracture est là. Et elle est brutale.

Le problème que personne ne voulait nommer

WordPress a prospéré sur une promesse : la facilité. Mais cette facilité avait un coût silencieux que des millions de sites payaient sans s'en rendre compte.

11 334 vulnérabilités recensées. Des exploits activés en moins de cinq heures après leur découverte. 91 % de ces vulnérabilités viennent des plugins. Ces 70 000 plugins qui font la force de l'écosystème en font aussi le talon d'Achille.

Seulement 50 % des sites WordPress passent les Core Web Vitals — les critères de performance de Google. La moitié des sites WordPress pénalisée au référencement, non par le contenu, mais par l'architecture.

Et pendant ce temps, la dette technique s'accumulait. Mises à jour à faire. Conflits de plugins à résoudre. Thèmes à maintenir. Un CMS censé simplifier la vie qui en est venu à la compliquer.

Ce que l'IA a changé

Le CMS était la réponse à une contrainte technique : coder un site from scratch était long, cher, et réservé à des développeurs. Le CMS a rendu ça accessible à tous.

L'IA vient d'effacer cette contrainte à son tour.

Aujourd'hui, décrire ce dont vous avez besoin suffit. Pas en termes techniques — en termes métier. « Je veux un site avec un système de réservation, un catalogue de mes produits, et une page pour mes événements. » L'IA construit. L'humain vérifie, ajuste, décide. Le code produit est propre, performant, sans dette technique héritée de vingt ans d'évolutions.

Ce n'est pas WordPress qui est obsolète. C'est l'idée qu'un CMS généraliste est la réponse par défaut à tous les besoins.

La tendance est documentée : WordPress progresse en parts de marché globales mais recule dans les préférences des développeurs pour les nouveaux projets. Les projets pilotés par des développeurs choisissent de plus en plus des frameworks React, des solutions headless, ou des constructeurs visuels.

Le marché se fragmente. Les vieux sites restent sur WordPress par inertie. Les nouveaux projets, eux, choisissent autre chose.

Ce que ça change concrètement

En 2020, la question était : « On part sur quel thème WordPress ? »

En 2023, la question était : « On part sur WordPress ou sur Webflow ? »

En 2026, la question est : « Quel résultat on veut obtenir — et quel est l'outil le plus adapté pour y arriver ? »

Ce n'est pas la même question. Ce n'est pas le même raisonnement. Et ce n'est certainement pas la même réponse à chaque fois.

Pour certains projets, WordPress reste pertinent. Un blog à fort volume de contenu, un site institutionnel simple, une boutique WooCommerce déjà en place — l'inertie a parfois du sens.

Pour la majorité des nouveaux projets en 2026, construire sur un CMS généraliste, c'est choisir une solution conçue pour un problème d'une autre époque.

Ce qu'on fait chez Big Machine

Nous ne faisons plus de WordPress depuis 2024. Pas par idéologie — par cohérence avec ce qu'on constate chaque jour.

Les sites qu'on livre sont construits sur une stack moderne, sans CMS intermédiaire, adaptés au besoin exact du client. Ils sont plus rapides, plus sûrs, plus faciles à maintenir. Et ils coûtent 1 200 € — fonctionnalités incluses, sans surcoût pour les modules.

Ce n'est pas possible malgré l'abandon du CMS. C'est possible grâce à lui.

La mort du CMS comme réflexe par défaut n'est pas une mauvaise nouvelle. C'est une libération.

Tags : WordPress · CMS · Développement web · IA

Big Machine Studio développe des sites et des applications sur mesure à Nîmes.